Réalisateur mondialement célèbre, Esteban Martínez revient en Espagne pour tourner son nouveau film. Il en offre le rôle principal à une jeune actrice inconnue, sa fille, qu’il n’a pas vue depuis treize ans. La jeune femme accepte cette formidable opportunité, mais sait qu’à l’occasion de ce tournage, elle va se confronter à un homme qu’elle n’a jamais pu considérer comme un père. Le poids du passé menace de rouvrir leurs blessures.
Déjà passé par les univers hétéroclites de ses compatriotes Bigas Luna, Alex de la Iglesia, Alejandro Amenabar, Fernando León de Aranoa et Pedro Almodóvar, Javier Bardem découvre Sorogoyen. Il lui apporte sa maturité, tout en conférant une autorité naturelle mais d’une profonde ambiguïté à Esteban, face à l’actrice montante Victoria Luengo, également à l’affiche d’Autofiction. Elle en impose par son aplomb et sa vivacité émotionnelle. À eux deux, ils comblent par leur aura sans chichi les non-dits de leur personnage et de leur parcours séparés. Leur ping-pong incessant oscille de tentatives d’approche en coups d’éclat, de surveillance en distance, en assumant l’excès comme la fébrilité. Au final, les mots n’ont pas pansés tous les maux. Toujours sur le fil, L’Être aimé flirte avec de nombreux précipices, mais garde toujours le cap vers son horizon secouant et stimulant.
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