Une mère célibataire et ses deux filles arrivent à Taipei pour ouvrir une petite cantine au cœur d’un marché nocturne de la capitale taiwanaise. Chacune d’entre elles doit trouver un moyen de s’adapter à cette nouvelle vie et réussir à maintenir l’unité familiale.
Shih-Ching Tsou filme avec une vélocité folle le quotidien de cette petite famille prise dans le tourbillon de la grande ville avec ses lumières criardes, ses klaxons et son mouvement permanent que la photographie acidulée du film exacerbe jusqu’à atteindre une forme d’irréalité un peu planante. L’effet de séduction est imparable, et doit beaucoup à l’excessive mignonnerie de sa toute jeune interprète (Nina Ye) qui, sans aucun doute, restera gravée à jamais dans le corpus de ces personnages d’enfants livrés à eux-mêmes, dans des films aux airs de terrain de jeu. Mais Left-Handed Girl est bien plus qu’une simple machine à plaire. Derrière son irrésistible malice, sa drôlerie, le film se révèle habité par une saine et fougueuse révolte.
Trois Couleurs