Revenons au début de l’année 2024. Depuis plusieurs mois, la cinéaste franco-iranienne Sepideh Farsi parcourt le monde pour présenter son film La Sirène et assiste, impuissante, à l’escalade de la violence dans la bande de Gaza, où des dizaines de milliers de civils innocents sont massacrés par Israël pour venger les tueries commises par le Hamas le 7 octobre 2023. Du Caire, elle tente en vain de rallier le point de passage de Rafah. Elle est alors mise en contact avec une toute jeune photo-journaliste de 24 ans, Fatima Hassouna, avec qui elle entame une correspondance vidéo. Entre les deux femmes se noue peu à peu une solide amitié. Et de leurs échanges visio-épistolaires, (mal)menés au gré des coupures de réseau ou d’électricité, nait ce film brut, unique, qui témoigne des terribles conditions de vie à Gaza : les pénuries alimentaires, les bombardements qui déciment les proches et les voisins de la photographe. Mais c’est aussi la construction d’une puissante sororité. On sera longtemps habité par l’incroyable sourire et même le rire de Fatima Hassouna qui illuminent la plupart des images de ce film-hommage-document absolument hors du commun et, par la force des choses, déchirant.
D’après Utopia