Tokyo, 1987. Fuki, 11 ans, vit entre un père hospitalisé et une mère débordée et absente. Un été suspendu commence pour Fuki, entre solitude, rituels étranges et élans d’enfance. Le portrait d’une fillette à la sensibilité hors du commun, qui cherche à entrer en contact avec les vivants, les morts, et peut-être avec elle-même.
Chie Hayakawa explore avec pudeur et précision les espaces tantôt magiques tantôt douloureux de Fuki sur le chemin de sa résilience. Sans en prendre encore la mesure, la jeune fille gardera de son père quelques instants ordinaires à ses côtés, baignés d’une infinie tendresse : une sortie à l’hippodrome, une balade le long du fleuve. Comme des empreintes d’émotions qui se sédimenteront dans sa psyché et marqueront à jamais le souvenir de celui qui gardait au mur de sa chambre d’hôpital une copie de La petite Irène peinte par Auguste Renoir.
Toute l’intention du film s’y trouve condensée : par petites pointes de couleurs que l’on jugerait pourtant irréelles et désordonnées, l’artiste parvient à nous diriger au cœur de l’intimité du sujet.
Ruban bleu dans les cheveux et le regard perdu au loin, que voit-elle, la petite Irène du tableau ? À onze ans, Fuki sans doute le sait. D’après Utopia