Ciné-Pintxo Le 15.03 à 15h30
Venez partager la meilleure tortilla du pays basque après la séance de Rue Málaga (3€, la portion)
Ciné-Pintxo Le 15 mars à 15h30
Souvenez-vous… Le Bleu du caftan, ce si joli film qui vous avait emballés ! Voilà Maryam Touzani de retour avec une oeuvre gourmande, drôle, débordante de vie, sensuelle et particulièrement mutine, tout comme son héroïne de soixantedix-neuf ans ! Eh oui ! Il n’y a pas d’âge pour se rebeller et même se faire la malle, si besoin est. C’est ce que nous montrera Maria Angeles, interprétée par la sublime Carmen Maura. Dans son quartier de Tanger, d’ailleurs, tous semblent apprécier cette dame coquette, discrète, au mot charmant, qui aime regarder passer le temps et les passants depuis sa fenêtre. Sur la plaque de son immeuble rue Málaga cohabitent trois langues : l’arabe, l’espagnol et le français, à l’instar de ses habitants, tous bilingues, a minima. Une plaque qui témoigne en un clin d’oeil de Grande Histoire (celle de l’immigration, du protectorat espagnol, de la colonisation, de la décolonisation…) et de la petite histoire (celle des métissages, du bien vivre ensemble). Si ce n’est pas le paradis, cela s’en approche furieusement au regard de Maria Angeles, comblée par ses routines quotidiennes : dorloter ses géraniums, se dorloter, faire ses courses en s’enivrant des fragrances des herbes et épices, aller fleurir la tombe de ses chers défunts, échanger une parole de connivence avec celles et ceux qu’elles croisent, déguster des plats divins après les avoir cuisinés… Des petits rien sans doute, mais pour elle c’est un tout qui fait son bonheur.
Un bonheur qui va vaciller le jour où Clara, sa fille, débarque sans crier gare… et sans grands égards pour les désirs de sa génitrice. L’amour qui existe entre elles est électrique, étouffé sous une chape d’incommunicabilité. Clara, sans le verbaliser, règle ainsi ses comptes, en se drapant dans les prétextes du bon droit et des responsabilités que lui confère son statut de mère célibataire, d’infirmière, de femme indépendante qui ne veut récupérer que son dû… c’est-à-dire l’appartement de Maria Angeles à Tanger ! La fille a tout organisé, il ne reste plus à la mère qu’à obtempérer et à se comporter enfin en vraie grand-mère auprès de ses petits enfants à Madrid… Mais Maria, on le devine, ne s’est jamais laissée confiner dans les rôles qu’on voudrait lui assigner. Elle ne fait pas partie de ces femmes dont la vie se cantonne à être maman modèle, puis mémé exemplaire, sacrifiant ses désirs pour répondre à ceux d’autrui, fussent-ils ceux de sa fille.
Utopia