Après la mort tragique de Nat, victime de pollution à la poussière, March sombre dans le deuil. Mais son quotidien bascule lorsqu’il découvre que l’esprit de sa femme s’est réincarné dans un aspirateur. Bien qu’absurde, leur lien renaît, plus fort que jamais – mais loin de faire l’unanimité. Sa famille, déjà hantée par un ancien accident d’ouvrier, rejette cette relation surnaturelle. Tentant de les convaincre de leur amour, Nat se propose de nettoyer l’usine pour prouver qu’elle est un fantôme utile, quitte à faire le ménage parmi les âmes errantes...
Avec ce premier film enlevé de Ratchapoom Boonbunchachoke, c’est un peu comme si l’esthétique et la spiritualité de son compatriote Apitchatpong Weerasethakul se faisaient dynamiter par la férocité de Joe Dante – époque Gremlins. Comme si la dinguerie minimaliste post moderne de Quentin Dupieux se dotait d’un vrai propos joyeusement politique et ouvert sur le monde. On est fan, pour toujours, de ces fantômes irrespectueux qui volent au secours des humains, de la mémoire d’un peuple qu’on s’efforce d’effacer, individuellement, collectivement, à l’échelle d’une nation.
Utopia & Le Polyester