La réussite d’un film de Pierre Salvadori, cet alchimiste de la comédie, tient d’un fragile alliage entre horlogerie scénaristique, tempéraments en présence et finesse d’exécution qui n’a peut-être jamais été aussi harmonieux que dans « la Vénus électrique ». L’idée est venue au cinéaste de son petit rôle dans « Planetarium », de Rebecca Zlotowski, où, metteur en scène durant l’Occupation, il filmait l’histoire d’un veuf s’amourachant de la médium par l’intermédiaire de laquelle il communiquait avec sa défunte épouse. Exit les salons sous Vichy, place au Paris populaire des Années folles. Quant au transfert amoureux post-mortem, le voici revêtu des oripeaux si salvadoriens du mensonge et de l’escroquerie. Chair à attraction foraine qui monnaie ses baisers au public et simule le coup de foudre – qu’elle prend pour de bon, d’où son surnom de « vénus électrique » –, Suzanne se fait passer pour une extralucide auprès d’un peintre ivre mort en deuil de sa muse. Croyant renouer avec elle, celui-ci raccroche la bibine et reprend le pinceau. Une aubaine pour son marchand d’art, qui soudoie Suzanne afin qu’elle entretienne la flamme. Point de départ d’une supercherie qui prend des proportions folles et vire à la ronde amoureuse entre passé et présent. L’Obs