Le Caire, 1967. Ahmed, pianiste obstiné dans une famille qui ne jure que par le football, reçoit une lettre en provenance d’Autriche : Liz a répondu à son annonce pour devenir sa correspondante. De la guerre des Six Jours à l’ère Sadate, leur destin va s’écrire en même temps que celui de l’Égypte : entre rêves contrariés, conflits, chaos familial, et petites victoires arrachées au destin.
Certains trouveront peut-être que les acteurs en font des tonnes, mais c’est la grande tradition des films égyptiens de l’âge d’or. Et de fait on se laisse emporter, entre rire et émotion, par cette saga familiale aux multiples rebondissements, drôles ou tragiques, le tout servi par une caméra dynamique et un montage très rythmé. À travers les relations familiales, à travers les personnages formidablement attachants, Abu Bakr Shawky parvient à donner une image juste et lucide de l’évolution de son pays pendant deux décennies décisives, entre la présidence de Nasser et l’arrivée de Moubarak... Voilà un grand film populaire, généreux et intelligent, comme on en voit trop peu : ne boudons surtout pas notre plaisir !
Utopia