Dans un jardin botanique, un arbre veille et observe, témoin patient des siècles. En 1908, il suit Grete, qui lutte pour exister dans un milieu qui l’ignore. Dans les années 70, il voit Hannes s’éveiller à l’amour et au monde des plantes. Aujourd’hui, le vieil arbre parle avec Tony dans son langage secret. Autour de lui, certains se cherchent, d’autres se rencontrent. Lui demeure, ami silencieux, dans un temps plus vaste que le leur.
Ces récits nous sont racontés comme en sourdine, reliés par une série d’échos singuliers et de visions poétiques parfois abstraites qui finissent par prendre autant d’importance que le scénario en lui-même. Ildikó Enyedi ne fait pas que miroiter un langage naturel (sa mise en scène laisse énormément de place à la nature, ses bruits, son silence, son rythme et son mystère), et en nous invitant à réinventer notre place dans le monde qui nous entoure, elle retrouve ici la puissance de la métaphore onirique et politique de ce qui était jusqu’à aujourd’hui son meilleur film, le merveilleux Corps et âme.
Le Polyester