Au début du XVIIIe siècle, l’Ospedale della Pietà à Venise recueille et forme de jeunes orphelines à la musique. Dissimulées au public, souvent masquées ou derrière une grille, l’orchestre de jeunes filles se produit pour les riches mécènes de l’institution. Cécilia, 20 ans, y excelle en tant que violoniste. Jusqu’au jour où l’arrivée d’un nouveau maître de musique, Antonio Vivaldi, vient bousculer sa vie et celle de l’Ospedale.
Inspiré du roman “Stabat Mater” de Tiziano Scarpa, Vivaldi et moi s’intéresse finalement peu au compositeur vénitien, mais s’attache surtout à faire le portrait d’une jeune femme en quête d’émancipation où chaque geste et chaque note traduisent sa lutte pour exister et s’affirmer, tenter de contrarier un destin peu enviable, faire voler en éclats les carcans de la société ô combien patriarcale de l’Italie de cette époque (a-t-elle tellement changé ?).
Première réalisation de Damiano Michieletto, jusque-là metteur en scène d’opéra renommé, le film charme par sa délicatesse visuelle, ses costumes riches et sa mise en scène raffinée, sans oublier évidemment les œuvres de Vivaldi. Et on rassure les mélomanes avertis, le répertoire du film dépasse largement le cadre archiconnu des Quatre saisons ! D’après Utopia